Histoire du projet du congrès de Liège

Liège 2016 : congrès mondial de la Fédération Internationale des Professeurs de Français

(Publié dans Le Français dans le mille, Revue de l’Association Belge des Professeurs de Français, n° 242, septembre, pp. 14-17

Il y a quatre ans, le projet d’organiser le congrès mondial de la FIPF a d’abord été une boutade échangée entre quelques Liégeois imaginatifs à la fin d’un repas – pas plus arrosé que d’habitude, pourtant ! –, lesquels Liégeois demandent aujourd’hui quelle mouche a bien pu les piquer ce jour-là. Ce coup de tête s’est transformé en défi quand ils ont eu la bonne (?) idée d’en parler à Jacques Lefebvre et à l’ABPF dont il était alors le président : après Tokyo, Paris, Atlanta, Québec… pourquoi pas Liège ? Quelques administrateurs se sont bien inquiétés devant tant de prétention, de travail et de soucis, mais la nouvelle présidente, Christiane Buisseret, a tôt fait de les convaincre que l’association devait, à son image, se montrer créative et ambitieuse.

L’idée saugrenue est devenue contagieuse chez les amis et collègues enthousiastes auxquels on la soumettait, à commencer par Jean-Marie Klinkenberg qui, bien loin de nous ramener à la raison comme on aurait pu l’espérer d’une personne aussi sage que savante, a accepté de présider à la destinée du projet, à la tête d’un comité de candidature reposant principalement sur un partenariat entre l’ABPF, l’Université, la Province et la Ville de Liège. Et le défi de prendre la forme d’un parcours du combattant pour ce comité, vite réduit cependant à une poignée d’intrépides. Au bout de deux années de réunions, de contacts, de démarches et de cogitations diverses, ces efforts devaient tout de même déboucher sur un solide dossier de candidature où pas une virgule ne manquait : tout avait été prévu à la minute et à l’euro près !

Ce dossier portait aussi témoignage des convictions de ses auteurs. Peu soucieux de protocole, de palabres et de falbalas, ils prônaient avant tout un congrès militant (en faveur d’une langue française ardente, d’une francophonie créative, d’un enseignement motivant), citoyen (respectueux des personnes, des cultures et de l’environnement), solidaire (accessible aux professeurs des pays les moins favorisés) et déterminé (des résolutions seront adoptées à la fin du congrès en vue du suivant) : Liège 2016 devra faire la différence, tant sur le plan didactique que linguistique et interculturel !

Voici deux ans, en 2012, commençait une nouvelle étape de l’aventure : la plupart des membres du comité, accompagnés de quelques autorités, faisaient leurs valises pour l’Afrique du Sud. Pas pour un safari, mais pour aller courageusement y défendre les couleurs de l’ABPF et de Liège, au bord de l’Océan indien connu pour la voracité de ses requins, lors du congrès que la FIPF tenait alors à Durban. L’expédition s’est soldée par un beau succès devant un Conseil d’administration qui a autant apprécié la qualité du dossier que la stimulante collaboration dont il était le fruit. Les congressistes de Durban ont ensuite accueilli très chaleureusement cette décision en faveur de Liège, séduits à la fois par l’éloquence de Jean-Marie Klinkenberg et le dynamisme de Christiane Buisseret. C’est donc le cœur en fête que nous sommes revenus au pays pour annoncer urbi et orbi le Congrès FIPF Liège 2016!

Mais dès septembre 2012, les réjouissances devaient céder la place au travail sérieux. Quatre années ne seraient pas de trop pour mettre sur pied un congrès de 1500 – voire 2000 – participants, et pour résoudre les mille questions à régler à tous les niveaux : organisation logistique, infrastructure et salles de conférences, hôtellerie et repas, programme scientifique, activités culturelles, budget, site internet, relations publiques, parrainage, etc. Les mêmes personnes se retroussent donc les manches, heureusement rejointes par quelques nouvelles recrues pour former une équipe efficace qui prit finalement la forme d’une ASBL. Sous la haute autorité de Jean-Marie Klinkenberg, œuvrent donc aujourd’hui Christiane Buisseret, Annick Englebert, Geneviève Geron, Marine Maréchal, Anne Pellizzer, Bauduin Blairon, Jean-Michel Heuskin, Daniel Noul, Jean-Marc Defays ; auxquels on ajoutera Fabienne Lallement, Jean-Pierre Cuq et Raymond Gevaert de la FIPF.

La négociation, patiente mais obstinée, est le pain quotidien de ce comité qui doit sans cesse trouver des solutions à des circonstances inattendues (d’importants travaux programmés pour 2016 devant l’université la rendant inaccessible alors que c’est précisément dans ces bâtiments qu’on envisageait d’y accueillir les congressistes ; l’organisation en 2015 du Forum de la francophonie, à Liège également), des arrangements avec une bureaucratie laborieuse, des compromis avec des partenaires peu flexibles, etc. Mais le chemin est aussi parsemé d’heureuses surprises : une nouvelle idée ou une aide imprévue relancent aussitôt notre courage et notre motivation. Aussi l’organisation du congrès progresse-t-elle petit à petit, à force de diplomatie, de détermination et d’inventivité. Les collaborations avec les organismes publics et les sponsors privés se multiplient et se précisent, les comités scientifiques sont constitués, les symposiums sont présentés sur notre site internet qui est prêt à recevoir les premiers résumés et inscriptions, le budget est équilibré, et sans cesse actualisé, la promotion auprès des associations de professeurs étrangères et des milieux concernés s’intensifie, etc.

Au programme du comité d’organisation pour l’année 2014-2015, en plus de la gestion des dossiers déjà en cours, il faut prévoir : le traitement des inscriptions, la sélection des propositions de communication, le choix des conférenciers de prestige, la préparation du programme culturel, l’organisation des logements (hôtels, chambres d’hôtes, internats, en familles d’accueil), la mobilisation des professeurs de français de notre Communauté, etc. Du pain sur la planche ! Il est évident qu’au fur et à mesure que l’échéance se rapproche, ce comité – qui ne compte à ce jour qu’une douzaine de personnes – aura de plus en plus besoin d’aide pour mener de front les différents chantiers. Nous aurons donc l’occasion de vous reparler prochainement de ce beau mais exigeant projet !

Jean-Marc DEFAYS

Secrétaire général

Congrès FIPF Liège 2016

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