Cinq-sept-cinq

Crimes, crash, pub, foot, bombes
Déferlent du téléviseur
Dehors la pluie chante

L’incendie cette nuit
Sur l’autre rivage embrase
le ciel et ses yeux

Entre deux averses
Une bande d’escargots traverse
Le seuil en vitesse

Un essaim d’enfants
En blanc virevoltent sur la scène
Trois tours puis s’en vont

Le bruissement de la pluie
La nuit m’éveille  ; sur la vitre
Le chat scrute les gouttes

Matin de brouillard
L’univers englouti… Seule
Une ombre monte la garde

Tapisse le chemin
Qui chatoie entre les platanes
L’ombre de leurs feuillages

Un jour lent et long
L’air lourd sous un ciel de plomb
Vienne l’orage… mais non!

Les marmites ronronnent
Patiemment la table dressée
Attend les convives

La source est perdue
Sous le béton, les gravats
Chercher à mains nues

Comme par enchantement
Au détour des rues pavées
Un verger en fleurs

Sur un banc du parc
Un vieux sourit au soleil
La vie vaut la peine

Les dernières lueurs
Du soir mettent le feu au fleuve
Qui enflamme la ville

Le chat noir la nuit
Pas à pas dans l’escalier
Et hop sur le lit

La fraîche brise de l’aube
Et le tapage des oiseaux
Par la fenêtre ouverte

Entre neige et brume
Les bouleaux comme des plumes
Sur une page blanche

Le train à travers
Les grands espaces enneigés
Et les souvenirs

Elle pérore encore
La très savante assemblée
Tiens vole une mouche

« Mes chers Collègues… »
L’orateur prend de grands airs
Et nous le grand vent

Des rues qu’elle survole
Plein sud la grue ignore
La suie et le bruit

L’ombre se répand
Dans la salle lentement
Où les voix se noient

Le monde devient
Léger fluide aérien
Pas à pas le sommeil vient

Un souffle de vent
Les cerisiers frissonnent
Pluie de confetti

La source à l’abri
Du monde qui court et qui crie
Susurre son secret

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *