Domaines et orientations de recherche

1. Domaines de recherche

a) didactique du français langue étrangère et seconde

notamment :

  • acquisition et conditions d’apprentissage du français et des langues étrangères,
  • méthodologie, histoire et critique des méthodes,
  • pédagogie, gestion de classe, interactions verbales, NTICE
  • principes et organisation de l’enseignement des langues ;

b) linguistique et analyse des discours

notamment :

linguistique générale,

  • linguistique française, grammaire, évaluation de la maîtrise de la langue,
  • linguistique appliquée (à la didactique des langues),
  • pragmatique, fonctionnement de la textualité,
  • analyse du discours, discours scientifique, universitaire, comique…

c) cultures francophones, interculturalité

notamment dans le cadre de l’apprentissage des langues étrangères, des relations internationales, de la mobilité étudiante

d) politique d’enseignement des langues

notamment concernant les programmes et méthodes d’enseignement, la politique linguistique scolaire et universitaire, la gestion des centres de langues…

2. Orientations générales

(voir aussi la liste des publications, des conférences, des colloques et des autres projets concernant ces différentes orientations)

Mes travaux relatifs à l’analyse des discours se sont d’abord focalisés sur le discours comique auquel j’ai non seulement consacré ma thèse de doctorat (sur Alphonse Allais), mais déjà mon mémoire de licence (sur l’histoire drôle orale). La complexité et l’incertitude du comique, qui peut aussi bien être envisagé comme un genre, un style ou une rhétorique, représentent un passionnant défi pour une approche interdisciplinaire, linguistique, sémiotique, discursive, mais aussi psychologique, sociologique, anthropologique, philosophique. Pour mes recherches sur la nature, le statut, les types du comique, dans la littérature comme dans les discours quotidiens, j’ai préféré la perspective pragmatique qui me semble la plus à même d’expliquer les fonctions et les fonctionnements de ce discours au travers de ses manifestations multiples et variées. Aussi ai-je pu aboutir à quelques conclusions sur le caractère fondamentalement paradoxal du discours comique et ambigu des humoristes. Outre Allais, dont l’œuvre est aussi inépuisable qu’incomparable, ces travaux ont porté sur des monologuistes, anciens ou contemporains, notamment Raymond Devos, sur des écrivains comme Queneau et Frédéric Dard, avec l’une ou l’autre incursion dans la BD et la littérature pour enfants.

Après le comique, fort de l’expérience que ses résistances et ses contradictions m’ont obligé d’acquérir, c’est vers le discours universitaire, et plus précisément scientifique, que je me suis tourné pour l’aborder tant d’un point de vue discursif (analyse de ses spécificités et variétés linguistiques, rhétoriques, génériques) qu’épistémologique (discussion des principes, des formes, des conditions d’élaboration et de communication du savoir), critique (mutations de l’université, risques causés par la normalisation des discours scientifiques, par le monolinguisme) et pédagogique (formation des jeunes étudiants et chercheurs aux principes et aux exigences du discours scientifique). Ce dernier volet pédagogique concerne aussi le public des étudiants allophones dans le cadre de recherches et de projets de « Français sur Objectif Universitaire » à l’étranger.

Parallèlement à mes préoccupations relatives à l’analyse des discours, mes travaux en linguistique portent sur la textualité. Le principe que je défends est que le texte, oral ou écrit, est le premier (le seul) objet linguistique concret et fonctionnel dont nous faisons l’expérience réelle (production, réception, coopération) lors de la communication. J’ai principalement décrit et exploité un modèle à trois dimensions – cohésion discursive, cohérence typologique et pertinence pragmatique – qui peut expliquer utilement le fonctionnement du texte en tant que projet socio-langagier et déboucher sur d’intéressantes perspectives en typologie des discours, ainsi que dans le domaine de la lecture et de l’apprentissage, par exemple chez de jeunes enfants, chez des illettrés ou des allophones. Mes travaux dans ce domaine ont aussi touché des questions relatives aux rapports entre l’oral et l’écrit, mais aussi sur les rapports entre le texte et l’hypertexte, tels qu’ils sont pratiqués via les TICE.

Mes recherches en didactique du français langue étrangère et des langues étrangères en général concernent de multiples aspects de l’enseignement et de l’apprentissage dont je tente depuis toujours de saisir la complexité et les interdépendances, comme de favoriser l’interaction et la combinaison. Mon souci constant est de comprendre comment l’enseignement peut servir l’apprentissage (ou risquer de le décourager), m’inspirant notamment de la perspective cognitive qui s’est développée en didactique des langues. Ces recherches ont notamment comme objets la gestion de classe et ses interactions verbales, l’apprentissage conjoint de la langue et d’une discipline scientifique, l’acquisition de l’orthographe du français, les différentes conceptions de la grammaire, le recours aux nouvelles technologies, la motivation et l’évaluation des compétences, les relations entre enseignement de la langue et de la culture, le rôle de la littérature dans ces enseignements, la méthodologie de la recherche en didactique, la mise en pratique des résultats de la recherche scientifique, etc.

Je me suis aussi interrogé sur les principes des grandes méthodes d’enseignement des langues, sur les conditions de leur succession et de leur évolution, comme sur la notion de progrès dans le domaine. Les distinctions entre français langue maternelle, langue étrangère et langue seconde nécessite à mon avis de nouveaux questionnements, ainsi que ceux entre les concepts de français langue générale, langue d’intégration, langue de spécialité, sur objectif spécifique, etc. Associée au plurilinguisme, l’interculturalité, sa définition, son enseignement, sa pratique, aussi critiques les unes que les autres, m’intéressent plus particulièrement, surtout dans le contexte actuel de la mondialisation. Actuellement, je prends de la distance par rapport aux approches et aux objectifs instrumentalistes de l’enseignement des langues pour plaider en faveur de l’expérience personnelle et du projet humaniste que cet enseignement devrait viser en priorité avant de répondre aux pressions sociétales.

Combinant mes responsabilités de directeur de centre de langues universitaire et de didacticien des langues, je suis aussi appelé – dans le cadre de travaux en politique linguistique – à proposer des analyses sur la place et les modalités de l’enseignement des langues en milieu universitaire, ainsi que sur les effets de la mobilités des étudiants dans leur apprentissage de la langue et leur stéréotypes culturels. La situation et l’avenir de l’enseignement du français dans le monde et de la Francophonie sont aussi des thématiques que je traite toujours avec beaucoup d’intérêt.

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